Les miniatures indiennes

Comment parler de l'art indien sans parler de ses miniatures, ces petites merveilles de délicatesse, de raffinement et de poésie ?

Cet art est né au VIème siècle sous la forme d'enluminures de manuscrits sacrés bouddhistes et s'est rapidement propagé dans le reste du sous-continent.

Il existe en Inde de nombreux ateliers perpétuant les techniques de la miniature et offrant aux touristes la possibilité d'assister au travail des artistes.

 

 


 

Dans un atelier, les fonctions de calligraphe, de dessinateur, de coloriste et de relieur peuvent cohabiter. Avant d’être consacré peintre, l’apprenti doit copier des modèles à l’aide de calques (exécutés sur de minces peaux de chèvre ou de gazelle) ou de poncifs, jusqu’à ce qu’il puisse les reproduire de mémoire.
Sur le fond blanc uni, une première esquisse en rouge met en place les éléments principaux (architecture, personnages, costumes, chevaux, mobiliers, etc.), puis les masses colorées sont appliquées et un contour définitif plus foncé achève le travail. Les détails (traits des visages, bijoux) interviennent à la fin. Le peintre travaille assis par terre, la feuille fixée sur une planchette ; son matériel se compose d’un assortiment de pinceaux en poils de chèvre ou d’écureuil et de valves de coquillages pour contenir les couleurs. Un pinceau composé d’un poil unique peut servir à tracer les lignes de la chevelure et des yeux.

 

Le papier, en fibres végétales (bambou, jute, chanvre) ou de chiffons de coton, de lin, parfois de soie , peut être teinté avec des décoctions de safran, de henné ou de feuilles d’indigotier. Pour les rendre résistantes, les feuilles sont encollées d’amidon, de gomme ou de glucose et, après séchage, lustrées avec une pierre dure pour que le pinceau glisse facilement.
Les pigments sont d’origine naturelle. Le noir se fabrique avec du carbone (noir de fumée) ou est d’origine métallo-gallique (sel métallique et tannin). Il y a deux sortes de blanc, blanc de céruse et talc. Le jaune et l’orange s’obtiennent à partir de safran, de minium, de soufre ou d’écorce de henné, mais le jaune orpiment, typiquement indien, provient de concrétion d’urine de vache nourrie de feuilles de manguier et se trouve à l’état pur dans le sol. Le jaune mélangé à l’indigo donne un vert pomme. Les pigments d’origine minérale sont le vert de malachite, le rare bleu de lapis-lazuli, qui provient du Kerman, ou l’azurite, qui est un carbonate de cuivre. Le vert de gris peut trouer le papier mais, mélangé au safran, il donne la couleur pistache. Toute la gamme des ocres et des bruns provient des terres, tandis que le rouge laque est extrait de la cochenille. La gouache est obtenue en mélangeant les pigments à de l’eau amidonnée ou à de la gomme arabique diluée à chaud. Les surfaces dorées et argentées sont appliquées avant les autres coloris, à la feuille ou en solution, et frottées au recto, avec un morceau d’ivoire ou de pierre dure. La miniature achevée, posée sur une plaque de marbre, subit un ultime polissage au verso, ce qui confère à ses couleurs un éclat quasi émaillé.

 

 


Écrire commentaire

Commentaires: 0